Histoire et chronologie
Cinq siècles de bouleversements, de métissages et de transformations. Repères chronologiques, contexte et héritages pour comprendre l’île de La Réunion d’aujourd’hui.
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1507–1663Découvertes & prise de possession
Des navigateurs à la prise de possession française
L’île apparaît sur les cartes au début du XVIe siècle. Repérée par les navigateurs de l’océan Indien, elle est nommée Santa Apollonia par les Portugais. L’archipel prend le nom de Mascareignes en 1513.
En 1638, un commandant français prend officiellement possession de l’île. En 1649, une nouvelle prise de possession au nom du Roi de France la nomme Isle de Bourbon. L’occupation durable ne commence réellement qu’en 1663.
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1663–1789Colonisation & Compagnie des Indes
Installation durable, administration et économie coloniale
Les premières installations durables se font à Saint-Paul. La Compagnie des Indes structure l’administration, organise le peuplement et les concessions. Saint-Denis devient chef-lieu en 1738.
Le développement (café puis canne à sucre) s’accompagne d’une importation massive d’esclaves, principalement malgaches puis africains. À la fin du XVIIIe siècle, les esclaves représentent une part majeure de la population, structurante pour la société coloniale.
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XVIIIe–XIXeEsclavage & marronnage
Marronnage : fuite, résistance et zones d’ombre
Le marronnage désigne la fuite d’esclaves vers l’intérieur montagneux. Il marque durablement l’histoire de l’île et ses imaginaires, entre résistance, survie et répression.
Les sources restent incomplètes : de nombreux éléments de la vie quotidienne des marrons sont mal documentés. Les archives disponibles proviennent souvent des rapports de chasse et d’administration, laissant une part de « silence historique » sur ces communautés.
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1789–1848Révolution, changements de noms, canne à sucre
Une période instable, entre crises et réorganisations
Les contrecoups de la Révolution française provoquent des changements politiques et symboliques. L’île est rebaptisée Île de La Réunion en 1794, puis connaît d’autres changements de nom au gré des périodes.
L’abolition de l’esclavage décrétée dans les colonies en 1794 par la France est refusée par les colons à La Réunion. Le début du XIXème débute par une décennie de guerre et voit notamment passer l’île passe sous contrôle britannique entre 1810 et 1814. Restituée à la France en 1815 et renommée Île Bourbon, la canne à sucre se développe fortement, entraînant un besoin de main-d’œuvre et une intensification des logiques esclavagistes jusqu’à l’abolition.
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20 déc. 1848Abolition de l’esclavage
Une date fondatrice
L’abolition de l’esclavage est proclamée le 20 décembre 1848 par Sarda Garriga. Cette date est aujourd’hui un repère majeur de la mémoire réunionnaise.
C’est à cette date également que l’île Bourbon redevient définitivement l’Ile de La Réunion. L’île compte alors quelques 60 000 esclaves. La société réunionnaise se recompose ensuite autour de nouveaux équilibres, notamment via l’engagisme et des vagues d’immigration qui contribuent à la pluralité culturelle de l’île.
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1848–1946Colonie, crises et mutations
Économie sucrière, crises sanitaires et fragilités
Après 1848, l’économie reste dominée par la canne à sucre. L’île traverse des crises (catastrophes naturelles, épidémies, concurrence), et demeure structurellement fragile.
Au XXe siècle, des phases de redressement alternent avec des périodes difficiles. Après l’âge d’or de la canne à sucre jusqu'en 1860, La Réunion tente de diversifier et d'élargir sa production même si la canne reste le pilier de l'agriculture réunionnaise. La Seconde Guerre mondiale constitue un point de rupture, avant la départementalisation.
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19 mars 1946Départementalisation
La Réunion devient département français
Le 19 mars 1946, La Réunion devient département français. Les décennies suivantes sont marquées par des retards structurels, mais aussi par une transformation progressive des conditions de vie.
À partir des années 1960, la modernisation (éducation, santé, infrastructures, logements), mais aussi la démographie s’accélèrent, avec des bouleversements sociaux et démographiques majeurs. La société coloniale laisse place à une société multi-cuturelle et des communautés bien établies. La Réunion devient une Région en 1982 (loi de décentralisation) et une Région Ultra Périphérique Européenne (RUP) en 1992.
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1960–Aujourd’huiAccélération, Europe, nouveaux défis
Modernisation rapide, identité plurielle
La Réunion se transforme rapidement : infrastructures, services publics, urbanisation, éducation. La population augmente fortement et le territoire change d’échelle.
L’économie reste toutefois exposée : dépendances, chômage structurel et inégalités. Dans le même temps, les héritages culturels, les traditions et la pluralité identitaire restent des marqueurs forts du quotidien, bien que bousculés par la société de consommation dans laquelle les réunionnais sont entrés de plein pied. Entre les années 90 et 2010, La Réunion est la région française qui a connu parmi les croissances les plus fortes et rapides, tout en conservant de fortes inégalités.
