
Cirque de Cilaos
Le cirque de Cilaos est le plus méridional des trois cirques de l’île, une dépression volcanique dominée par le Piton des Neiges à 3 070 mètres, sommet de l’océan Indien.
Description
Le nom Cilaos vient du mot malgache « Tsilaosa », qui signifie selon les sources « le lieu que l’on ne quitte pas » ou « le pays où l’on est en sécurité », deux traductions qui résument parfaitement l’histoire de ce lieu et le sentiment qu’il procure à ceux qui y séjournent. La formation du cirque aurait débuté il y a environ 350 000 ans, par une série de glissements de flanc successifs autour du massif du Piton des Neiges, alors encore en activité. Depuis 70 000 ans, l’activité volcanique s’est raréfiée et c’est l’érosion qui a progressivement sculpté les remparts, creusé les ravines et donné au cirque sa forme si caractéristique en poire, unique parmi les trois cirques de l’île.
Cilaos est aussi le plus sec et le plus ensoleillé des trois cirques réunionnais, en raison de son orientation plein sud qui lui confère un microclimat particulier. Ses 5 400 habitants, appelés les cilaosiens, se répartissent en une dizaine de petits îlets accrochés aux pentes du cirque dont les plus connus sont l’Îlet à Cordes et Bras Sec autour du bourg principal de Cilaos, perché à 1 200 mètres d’altitude. Ces îlets, aux maisons créoles colorées entourées de jardins fleuris, ont été fondés par des esclaves marrons qui s’étaient réfugiés dans les hauteurs inaccessibles du cirque au XVIIIe siècle, avant que les premiers colons libres ne s’y installent progressivement au XIXe siècle.
La richesse du cirque de Cilaos ne se limite pas à ses paysages. Il est réputé pour ses sources thermales, découvertes en 1815, qui ont longtemps attiré les curistes et ceux en quête de bien-être de tout l’océan Indien, et qui constituent encore aujourd’hui l’un des atouts touristiques majeurs du cirque. On y cultive aussi le lentille de Cilaos, une production agricole d’exception reconnue comme l’une des meilleures lentilles de France, ainsi qu’un vin de pays issu de vignes cultivées en terrasses à plus de 1 000 mètres d’altitude, une curiosité viticole rarissime sous les tropiques.
La route aux 400 virages, officiellement la RN5, est bien plus qu’un simple axe routier : c’est une œuvre d’ingénierie spectaculaire qui constitue à elle seule l’une des expériences les plus marquantes d’un séjour à Cilaos. Construite progressivement à partir du XIXᵉ siècle pour désenclaver le cirque, elle escalade les remparts sur plus de 40 kilomètres depuis Saint-Louis, enchaînant tunnels, viaducs, épingles à cheveux et surplombs vertigineux au-dessus des gorges. La route est régulièrement coupée par des éboulements lors des fortes pluies, rappelant à chaque saison des pluies à quel point Cilaos reste un territoire naturellement enclavé, suspendu entre ciel et remparts. Pour les randonneurs, le cirque est un terrain de jeu exceptionnel qui concentre une dizaine de sentiers majeurs, dont l’ascension du Piton des Neiges depuis le gîte de la Caverne Dufour, les tours du cirque via le GR®R2 et les nombreux itinéraires vers les îlets et les remparts. Le cirque s’inscrit dans le cœur du Parc national de La Réunion, inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2010 au titre des Pitons, cirques et remparts de l’île.
Situation & accès
Le cirque de Cilaos est situé au cœur de l’île, sur la partie sud du massif du Piton des Neiges, à environ 1 heure de route de Saint-Louis et 2 heures de Saint-Denis. Il est entièrement inclus dans le Parc national de La Réunion, inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, et constitue la commune la plus enclavée de l’île.
Cilaos n’est accessible que par une seule route, la RN5 depuis Saint-Louis, surnommée la « route aux 400 virages » en raison de ses innombrables lacets qui escaladent les remparts du cirque sur plus de 40 kilomètres. La route est sinueuse et nécessite toute votre attention en raison des chutes de pierres récurrentes. Il convient de vérifier l’accessibilité de la route avant d’entreprendre un trajet à Cilaos, elle est régulièrement coupée ou fermée en raison des éboulements.
