Flore

La flore de La Réunion est l’une des plus riches et des plus singulières de l’océan Indien. Entre littoral battu par les embruns, forêts humides, forêts de nuages, tamarinaies et landes d’altitude, l’île concentre sur un très petit territoire une diversité végétale exceptionnelle, mais fragile.

Patrimoine & environnement
Une flore tropicale, insulaire, contrastée et très originale

Une flore exceptionnelle à l’échelle d’une petite île

La flore réunionnaise se distingue par une combinaison rare : une grande diversité de milieux, un fort niveau d’endémisme, et une structure végétale très particulière liée à l’insularité, aux cyclones, aux fortes pentes et aux contrastes climatiques. À La Réunion, quelques kilomètres suffisent pour passer d’un littoral sec à une forêt humide ou à une lande d’altitude.

Forêt tropicale humide à La Réunion
La végétation réunionnaise change fortement selon l’altitude, l’humidité et l’exposition
Hot spot
La Réunion appartient au point chaud de biodiversité Madagascar et îles de l’océan Indien
Très contrastée
La flore change fortement entre littoral, bas humides, montagnes et haute altitude
Très fragile
Les espèces exotiques envahissantes restent la principale pression sur la flore native

La Réunion possède encore une part importante de milieux naturels d’origine à l’échelle des Mascareignes, même si les zones basses ont été profondément transformées par l’histoire agricole, l’urbanisation et l’introduction d’espèces venues d’ailleurs.

Cela explique le contraste très fort entre une flore visible souvent dominée par des espèces exotiques dans les zones habitées, et une flore indigène ou endémique qui subsiste surtout dans les forêts, ravines, remparts et hauts sommets les mieux conservés.

Milieux
Du littoral aux hautes altitudes, une succession de paysages végétaux

Une végétation organisée par l’altitude, l’eau et l’exposition

La flore réunionnaise ne forme pas un ensemble uniforme. Elle s’organise selon les étages climatiques, l’altitude, l’exposition au vent, la pluviométrie et la nature des sols. C’est cette combinaison qui explique la juxtaposition de paysages végétaux très différents sur une île pourtant de petite taille.

Littoral Pelouses littorales, vacoas, veloutiers et végétation adaptée aux embruns, au vent et à la sécheresse.
Bas Savanes, reliques de forêts sèches, puis forêts humides de Bois de couleurs des Bas.
Montagne Bois de couleurs des Hauts, forêts de nuages, tamarinaies et fourrés très humides.
Altitude Landes, brandes, ambavilles et végétation adaptée au froid, au vent et aux brouillards.

Les forêts de Bois de couleurs des Bas, encore visibles surtout dans le Sud-Est et dans l’Est, figurent parmi les milieux les plus riches de l’île sur le plan floristique. Les forêts de montagne, comme Bébour ou Bélouve, comptent parmi les mieux préservées et sont marquées par l’abondance des mousses, lichens, fougères et autres plantes épiphytes.

Plus haut, les forêts de Tamarins des Hauts et les landes altimontaines traduisent une autre adaptation de la flore réunionnaise : arbres sinueux, végétation plus basse, formes rabougries, résistance au froid, au vent et aux incendies sur certains secteurs.

Nous avons déjà une page dédiée aux forêts de La Réunion ; ici, l’objectif est surtout de comprendre comment ces milieux structurent la répartition des principales espèces végétales de l’île.

Sélection
Quelques plantes et arbres particulièrement représentatifs
Sous-bois
Fanjans, orchidées, mousses et végétation de forêt humide

L’univers végétal réunionnais ne se résume pas aux grands arbres

Une part essentielle de la flore réunionnaise se joue dans les sous-bois et sur les troncs. Les forêts humides de l’île sont marquées par la présence spectaculaire des fougères arborescentes, mais aussi d’orchidées, de mousses, de lichens et d’autres plantes épiphytes qui se développent sans parasiter leur support.

À retenir

Les ambiances brumeuses de Bébour, Bélouve ou des forêts de montagne viennent en grande partie de cette végétation suspendue, dense et humide, qui donne aux forêts réunionnaises leur caractère de “forêts de nuages”.

Les Fanjans constituent l’une des images les plus fortes de la flore réunionnaise. Le Calumet, bambou endémique, participe lui aussi à l’identité des tamarinaies. Quant aux orchidées indigènes et aux nombreuses fougères, elles traduisent le haut niveau de spécialisation atteint par la flore dans les milieux humides de l’île.

Ce monde végétal est souvent discret, parfois mal connu, mais il est fondamental pour la richesse écologique des forêts réunionnaises et pour leur beauté très particulière.

Menaces
Espèces exotiques envahissantes et dégradation des habitats

Une flore fragile face aux invasives

La principale menace qui pèse aujourd’hui sur la flore native de La Réunion est celle des espèces exotiques envahissantes. Leur progression affecte tous les étages de végétation et empêche souvent la régénération naturelle des espèces indigènes.

Majeur Longose, goyavier, raisin marron, jamrosat et autres pestes végétales concurrencent la flore native.
Milieux Les zones basses ont été très défrichées, urbanisées ou transformées par les cultures.
Tendance La part d’espèces indigènes menacées augmente à mesure que les habitats se dégradent.

Les invasions biologiques touchent aussi bien les bas que les hauts, et s’ajoutent à d’autres pressions : fragmentation des habitats, usages anciens du territoire, incendies et changements climatiques.

C’est pourquoi la simple protection réglementaire ne suffit pas toujours : il faut aussi restaurer les milieux, contenir les invasives et maintenir des continuités écologiques là où cela reste possible.

Protection
Parc national, ONF, réserves et gestes simples

Préserver la flore, c’est préserver les forêts, les sols et les continuités écologiques

La protection de la flore réunionnaise repose sur plusieurs leviers : le Parc national, la gestion forestière, les réserves biologiques, les actions de restauration, la lutte contre les invasives et la sensibilisation du public.

Bonnes pratiques

En milieu naturel, ne cueillez rien, ne transportez pas de graines, nettoyez vos chaussures avant d’entrer dans certains secteurs et respectez les sentiers. La protection de la flore commence souvent par une attention discrète, mais concrète.

À La Réunion, protéger la flore revient souvent à protéger les derniers milieux encore fonctionnels : reliques de forêts sèches, forêts humides des Bas, forêts de nuages, tamarinaies, ravines et remparts. C’est dans ces espaces que se joue l’essentiel de la conservation végétale.

La flore réunionnaise n’est pas seulement décorative : elle façonne les paysages, stabilise les sols, capte l’eau, nourrit de nombreuses espèces animales et constitue une part majeure de l’identité écologique de l’île.

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