Volcan
Le Piton de la Fournaise forme l'identité même de La Réunion : un volcan actif, des paysages minéraux spectaculaires, une route unique et un accès direct à l’un des sites géologiques les plus remarquables de l’océan Indien.
La Réunion, île volcanique
La Réunion est une île volcanique jeune à l’échelle géologique. Elle s’est construite au milieu de l’océan Indien sur un point chaud, par l’accumulation progressive de coulées de lave et par l’effondrement de plusieurs massifs. Cette histoire explique la forme de l’île, ses reliefs très marqués, ses cirques, ses ravines, ses plaines d’altitude et la présence d’un volcan toujours actif dans le sud-est.
Le relief actuel de l’île résulte de l’histoire de plusieurs massifs volcaniques. Le plus ancien, le Piton des Neiges, aujourd’hui éteint, a façonné une grande partie du relief réunionnais, et notamment les 3 cirques que nous connaissons aujourd'hui, avant que l’activité ne se concentre sur le Piton de la Fournaise, apparu plus récemment.
Les recherches géologiques récentes ont également mis en évidence l’existence d’un massif ancien, souvent appelé massif des Alizés, aujourd’hui largement effondré dans le sud-est de l’île. Cette succession de constructions volcaniques, d’effondrements et d’érosion explique la richesse géologique exceptionnelle de La Réunion.
Le Piton de la Fournaise
Né il y a environ 500 000 ans, le Piton de la Fournaise est aujourd’hui le volcan actif de La Réunion et l’un des plus actifs au monde. Son activité est principalement de type effusif : les éruptions produisent surtout des fontaines et coulées de lave fluides, généralement spectaculaires mais pas explosives au sens classique du terme.
Le Piton de la Fournaise est l’un des volcans les plus surveillés au monde. Son activité est suivie en continu par l’OVPF.
Le massif continue à se construire au fil des éruptions, mais il a aussi été profondément transformé par plusieurs effondrements. Ces épisodes ont donné naissance à de grandes structures qui organisent encore le paysage actuel : le cratère Dolomieu au sommet du massif, l’Enclos Fouqué qui concentre l’essentiel de l’activité récente et s’ouvre sur la mer par le Grand Brulé, et la zone de rift qui s'étend depuis les remparts entre la Rivière de l'Est et la Rivière des Remparts.
Le Piton de la Fournaise n’est donc pas seulement un sommet : c’est un vaste ensemble géologique en mouvement, dont les formes actuelles résultent de milliers d’années d’éruptions, d’effondrements et de glissements du massif vers la mer.
Éruptions : un volcan surtout effusif
Le Piton de la Fournaise est souvent qualifié de volcan rouge. Cela signifie que son activité se manifeste principalement par des fontaines de lave et des coulées fluides, mais relativement lentes. La grande majorité des éruptions se produisent à l’intérieur de l’Enclos Fouqué, vaste caldeira ouverte vers la mer, ce qui limite fortement les risques pour les zones habitées.
Le scénario le plus sensible reste une éruption hors enclos, très rare, comme celles qui ont marqué l’histoire récente à Sainte-Rose en 1977 ou au Tremblet en 1986. Seulement huit événements hors Enclos ont été référencés depuis l’installation de l’homme à La Réunion. Même lorsqu’une éruption reste contenue, la prudence reste indispensable : le danger ne vient pas seulement de la lave elle-même, mais aussi de la chaleur, des gaz, du terrain instable, de la pluie sur les coulées et des changements rapides de météo.
L’éruption de 2007 reste l’événement majeur de l’histoire récente du volcan. En trois siècles et demi d'occupation humaine, un phénomène volcanique d'une telle ampleur n'avait jamais été observé. L'éruption qui a duré un mois a craché environ 120 millions de m³ de lave, qui ont atteint l'océan et donné naissance à une plage au nord de la pointe du Tremblet. Elle s’est accompagnée d’un effondrement spectaculaire de plus de 300 mètres du cratère Dolomieu, qui a profondément modifié le sommet et rappelé que le massif reste très actif à l’échelle humaine.
L’Enclos Fouqué et la route du volcan
La découverte du volcan commence déjà par la route forestière du volcan, depuis Bourg-Murat, en passant par les pâturages d’altitude, les landes, puis les paysages minéraux de la Plaine des Sables, en passant par quelques points de vue remarquables le long de la route. Cette montée progressive fait déjà partie de l’expérience : elle montre la transition entre les hauts habités et l’univers presque lunaire du massif.
Sur le volcan, le risque le plus fréquent pour les visiteurs n’est pas l’éruption elle-même, mais la désorientation, la météo changeante et le non-respect des fermetures.
La route forestière n°5 du volcan qui grimpe jusqu'à son terminus au Pas de Bellecombe Jacob passe par de nombreux points de vues panoramiques, et notamment le Nez de Boeuf et sa vue sur la Rivière des Remparts, l'impressionnant Cratère Commerson ou encore le fameux Pas des Sables qui marque l'entrée dans la Plaine des Sables.
Le grand point d’accès au volcan est le Pas de Bellecombe Jacob, belvédère emblématique qui domine l’Enclos Fouqué et sert de départ principal aux randonnées vers le sommet. C’est aussi le point de bascule entre l’observation depuis les remparts et l’immersion dans le paysage volcanique lui-même.
Le site est accessible en voiture jusqu’au Pas de Bellecombe, mais les conditions changent vite sur place : brouillard, pluie, vent, terrain irrégulier, fermeture temporaire des sentiers en cas d’activité ou de danger. Le volcan se visite facilement, mais il ne faut jamais le banaliser.
